mardi 27 janvier 2015

Une merveilleuse histoire du temps

 
Le début d'année est souvent la période propice pour découvrir les principaux concurrents aux Oscars. Cette année, il fallait miser sur le biopic pour avoir une chance de décrocher une statuette dorée, comme le prouve l’abondance de ce genre chez les principaux nommés. Avec Imitation Game (la vie du mathématicien Alan Turing), American Sniper (le parcours du tireur d’élite Chris Kyle) et Selma (le combat du pasteur Martin Luther King), Une Merveilleuse Histoire du Temps relate lui aussi la vie d’un génie, à savoir Stephen Hawking, physicien et cosmologiste de son état.

Alors qu’il est encore un étudiant batifolant avec sa future épouse Jane, le jeune Hawking développe les premiers symptômes de la maladie de Charcot, une dégénérescence neurologique amenant le patient vers un handicap physique total. Les médecins évoquent alors une espérance de vie ne dépassant pas les deux ans. On est encore au début des années 60 et ce diagnostique ne semble pas prendre en compte la pugnacité de Jane qui donnera au scientifique trois enfants durant les vingt-six années que durera leur mariage. La maladie ne touchant pas son cerveau, Stephen Hawking passera sa vie sur son sujet de prédilection : le temps. Il est à l’origine de nombreuses découvertes et théories sur les trous noirs et le big bang notamment. Chose encore plus étonnante, malgré son lourd handicap et la perte de la parole, ce génie est toujours en activité de nos jours, continuant à enchainer les conférences et publiant régulièrement des livres basés sur ses recherches.

Felicity Jones et Eddie Redmayne

Le long métrage s’attache à la relation difficile qu’entretient Stephen Hawking (Eddie Redmayne) avec son épouse Jane (Felicity Jones). En ce sens, le film réalisé par le britannique James Marsch ressemble plus à un film romantique se focalisant sur le problème du handicap dans le couple qu’à une véritable plongée dans l’esprit d’un homme d’exception. En soit, le choix de traiter une partie de la vie de Hawking à travers le prisme des relations amoureuses est tout à fait défendable mais souligne un certain manque de courage cinématographique, là ou des films comme le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel osait l’expérience sensitive en réussissant à mettre le spectateur dans la peau d’un handicapé.  

Une Merveilleuse Histoire du Temps (encore une traduction hasardeuse du titre originel : The Theory of Everything) ne prend jamais de risque, se reposant sur la performance convaincante d’Eddie Redmayne lorsqu’il s’agit de montrer la lente déchéance physique du scientifique. Malgré l’apport du personnage de Jonathan (Charlie Cox) pour relancer l’intrigue, le triangle amoureux alors formé n’amène pas suffisamment de conflit pour embraser une histoire pourtant plus complexe qu’elle n’en n'a l'air. Avec ces personnages au comportement exemplaire malgré les passions qui les animent, le film peine à véritablement surprendre un public sachant pertinemment où tout cela le mène.

Même si l’ensemble est particulièrement soigné, l’ennui guette le spectateur dans son dernier tiers, la faute à un académisme ronflant donnant à Une Merveilleuse Histoire du Temps un faux air de téléfilm du dimanche à regarder sous la couette un après-midi d’hiver.

Alexandre Robinne

Grande-Bretagne - 2h03
Réalisation : James Marsch - Scénario : Anthony McCarten d'après le livre de Jane Hawking
Avec : Eddie Redmayne (Stephen Hawking), Felicity Jones (Jane Hawking), Tom Prior (Robert Hawking), Sophie Perry (Lucy Hawking).



Disponible en DVD et Blu-Ray chez Universal

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