Affichage des articles triés par pertinence pour la requête tim burton. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête tim burton. Trier par date Afficher tous les articles

mardi 20 mars 2012

Exposition Tim Burton


C'est un voyage au coeur de la création d'un artiste majeur que vous propose la Cinémathèque française. Initiée par le MoMA de New York, l'exposition Tim Burton pose ses valises à Paris afin de vous faire découvrir l'univers macabre et poétique du réalisateur de Batman et Sleepy Hollow. Personnellement impliqué dans la mise en oeuvre de l'évènement, le créateur nous ouvre les portes de son atelier, donnant au visiteur le privilège rare de découvrir dessins, figurines, photographies, objets qui constituent le lieu intime du cinéaste. L'exposition relate avant tout la genèse artistique de Tim Burton et ses nombreuses influences, mettant davantage l'accent sur l'artiste que sur le cinéaste, bien qu'ils se nourrissent mutuellement l'un et l'autre.

Tim Burton entouré de Serge Toubiana et Costa-Gavras 
lors de la conférence de presse de l'exposition


L'exposition a la grande qualité d'être vaste et aérée, permettant au visiteur de déambuler à son aise dans l'oeuvre burtonnienne. On y découvre les premiers dessins du jeune garçon, habitant alors à Burbank, une banlieue pavillonnaire de Los Angeles, connue pour être le siège des studios Disney et Warner, que le réalisateur décrit en ces termes : "un univers sans histoires, sans culture, sans passion". Tim Burton va lui-même se forger sa propre culture, nourrie de films de monstres, de fêtes foraines et d'attractions populaires. Son attachement viscéral pour les freaks et autres créatures excentriques naîtra de ces passions compulsives. L'enfant qu'il est toujours resté aimait avoir peur au cinéma et déclarait  : "La nuit d'Halloween a toujours été, pour moi, la nuit la plus réjouissante de l'année. Il n'y avait plus de règles à suivre et je pouvais devenir qui je voulais." De cette période sont montrés ses premiers films amateur super 8 dont un hilarant court métrage réalisé en stop motion, un projet pour le lycée qu'il fit à l'âge de 16 ans.

Tim Burton, Sans titre (Sally).1993.
Polaroïd, 83,8 x 55.9 cm
Collection privée © 2011 Tim Burton


Peu doué pour les études, Tim Burton intègre pourtant le prestigieux California Institute of the Arts où il fait la rencontre de Rick Heinrichs qui deviendra l'un de ses principaux collaborateurs. Grâce à ses talents de dessinateur, il finit par rejoindre le département d'animation des studios Disney. Animateur puis artiste-concepteur sur Taram et Le Chaudron Magique, il voit tous ses dessins préparatoires refusés par le studio qui les jugeait trop morbides. Il est vrai que l'univers singulier et anticonformiste du futur réalisateur ne s'accordait pas vraiment avec le ton formaté de Mickey. En évoquant ses dessins, le cinéaste parle de spontanéité et d'une démarche affective et non intellectuelle. Ceux qui sont exposés, figurant des enfants, des monstres, des femmes, des nains ou encore des clowns, montrent bien le talent hors norme du bonhomme et son étrange morbidité.

Tim Burton, Sans titre (Edward aux mains d'argent).1990.
Encre et crayon sur papier, 36,2 x 22,9 cm
Collection privée © 2011 Tim Burton 


Cette exposition nous donne la chance de voir ou revoir les premiers courts métrages de Tim Burton dont le magnifique Vincent qu'il pu réaliser grâce à l'appui de deux alliés de Disney. D'une noirceur et d'une poésie incroyables, le film est sans doute la synthèse de toute l'oeuvre burtonienne. Il fera par la suite Frankenweenie dont il s'apprête à sortir cette année un remake puis, libéré de Disney, il réalisera Pee-Wee, son premier long métrage, avant d'entamer la carrière que l'on sait. Dans la dernière salle, on peut admirer de nombreux objets et accessoires ayant servi pour ses films, comme le pull angora porté par Johnny Depp dans Ed Wood, le costume d'Edward aux mains d'Argent, les rasoirs de Sweeney Todd ou encore les figurines de Mars Attacks! que Burton voulait à l'origine tourner en stop-motion. On peut également visionner une série méconnue créée pour internet en 2000 et intitulée The World of Stainboy ainsi qu'un clip pour le groupe The Killers rendant un tendre hommage à l'un des films préférés du cinéaste, Jason et les Argonautes, et à son concepteur légendaire, Ray Harryhausen.

Tim Burton, l'exposition à la Cinémathèque française
© Stéphane Dabrowski / La Cinémathèque française


L'oeuvre de Tim Burton stupéfie par la puissance de son imaginaire où se mêle des créatures fantasmagoriques et des pères de substitution, dont Vincent Price, le créateur d'Edward aux Mains d'Argent, en est la plus belle incarnation. Une galerie de Frankenstein modernes que l'exposition met particulièrement en valeur, grâce à laquelle on saisit encore davantage le monde intérieur du cinéaste, son goût pour la différence et son humour souvent jubilatoire. Malgré les succès accumulés, Tim Burton admet que chaque film représente un combat et qu'il garde toujours l'étiquette de "réalisateur bizarre". Ses derniers films dénotent cependant un sentiment de répétition, à voir le nombre de classiques de la littérature enfantine que le cinéaste adapte depuis quelques années, de Charlie et la Chocolaterie à Alice au Pays des Merveilles. Le signe d'une inspiration moindre et d'une récurrence de motifs qui semblent aujourd'hui moins originaux que par le passé. Cette exposition arrive donc à point nommé pour nous rappeler que Tim Burton reste et restera un artiste d'exception.

Antoine Jullien


Filmographie

1982 : Vincent (Court métrage)
1984 : Frankenweenie (Court métrage)
1985 : Pee-Wee's Big Adventure
1988 : Beetlejuice
1989 : Batman
1990 : Edward aux Mains d'Argent
1992 : Batman le défi
1994 : Ed Wood
1996 : Mars Attacks!
1999 : Sleepy Hollow
2001 : La planète des singes
2003 : Big Fish
2005 : Charlie et la Chocolaterie / Les Noces Funèbres
2007 : Sweeney Todd
2010 : Alice au pays des merveilles
2012 : Dark Shadows / Frankenweenie


Exposition Tim Burton à la Cinémathèque française jusqu'au 5 août.
Rétrospective intégrale et Carte Blanche Tim Burton jusqu'au 23 mai.
Rencontre avec Rick Heinrichs, collaborateur de Tim Burton, le samedi 7 avril.
Coffret DVD et Blu-Ray avec 15 des films de Tim Burton en édition limitée chez Warner Bros.
Renseignements : www.cinemathequefrancaise.fr

La bande-annonce de son nouveau long métrage, Dark Shadows, en salles le 9 mai.

mercredi 16 mai 2012

Dark Shadows


Que peut-il arriver à un cinéaste qui est soudain prisonnier de son univers ? Se répéter, inlassablement. Depuis quelques films, Tim Burton est devenu victime de ce syndrome comme d'autres éminents cinéastes avant lui. Lorsque l'on possède un style aussi identifiable, le piège est de le laisser peu à peu se banaliser au point de devenir une simple marque de fabrique. En adaptant une série télé à succès après avoir porté à l'écran plusieurs célèbres livres pour enfants, Tim Burton semble avoir transformé son univers si singulier en une boutique de luxe. Clinquante à l'extérieur mais creuse à l'intérieur. 

En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent l'Angleterre et viennent s'installer en Amérique avec leur fils Barnabas. Après la mort tragique de ses parents, celui-ci mène une vie de séducteur invétéré jusqu'à ce qu'il commette la grave erreur de briser le coeur d'Angélique Bouchard, une sorcière qui lui jette un sort bien plus maléfique que la mort : celui d'être transformé en vampire et enterré vivant. Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et débarque en 1972 dans un monde totalement chamboulé... 

Johnny Depp

Entre les mains de Tim Burton, Johnny Depp a l'habitude de se muer en une étrange créature aux prises avec les fantasmes les plus excentriques du cinéaste. Après avoir incarné des êtres hybrides et souvent asexués, l'acteur campe un personnage à la fois comique et inquiétant, à l'image du ton voulu par le réalisateur. Tim Burton a toujours aimé mélanger l'humour noir au gore le plus sanglant et à ce titre le vampire semblait un protagoniste tout trouvé. Mais le réalisateur ne lui donne pas suffisamment de chair et Johnny Depp est contraint par le maquillage et le costume à n'être que le fantôme de Barnabas Collins.

Tim Burton et Johnny Depp

La galerie des personnages qu'il entoure en est réduite à de la figuration et ce n'est pas le retour (manqué) de Michelle Pfeiffer ni le bref caméo de Christopher Lee qui viennent changer la donne. Seule Eva Green, en méchante sorcière, arrive à exister face à Depp mais son interprétation tombe le plus souvent dans la caricature. Le duel auquel elle se livre avec Barnabas est répétitif et Tim Burton ne pousse pas assez l'étrangeté de leurs rapports de dominant à dominé. Le cinéaste tombe dans le déjà-vu,  ne réussissant pas à insuffler de bizarrerie à son intrigue et finit par crouler sous les dorures de l'exercice de style. 

L'élégance de la mise en scène et quelques idées visuelles, comme celle de transformer le corps d'Eva Green en porcelaine, nous rappelle par intermittence que l'on est bien devant un film de Tim Burton. Mais le cinéaste devrait sans doute s'interroger sur la suite qu'il veut donner à sa carrière et ne plus tomber dans cette imagerie gothique qui en vient à parodier son univers. Si la déception vous gagne à la sortie de la salle, alors précipitez-vous à l'exposition que la Cinémathèque française lui consacre, histoire de savourer et d'admirer l'oeuvre d'un artiste que l'on a tant aimé. 

Antoine Jullien

dimanche 22 mars 2015

Big Eyes


On était curieux à l'idée de voir Tim Burton se débarrasser un temps de son univers qui commençait sérieusement à sentir la naphtaline. Le cinéaste était devenu une parodie de lui-même, une marque de fabrique déposée comme une sorte de label sans âme ni aspérité. En s'inspirant d'une histoire vraie, le réalisateur d'Edward aux mains d'argent s'attaque pour la première fois au réel en racontant une imposture qui lui permet de mettre en avant une artiste à la marge, Margaret Keane, snobée et critiquée en son temps pour son supposé mauvais goût comme un certain Ed Wood, le cinéaste le plus nul du siècle dernier auquel Burton rendit un hommage tendre et vibrant. Il retrouve d'ailleurs les mêmes scénaristes, Scott Alexander et Larry Karaszewski, auteurs de biopics politiquement incorrects (Larry Flynt, Man on the moon). Las, malgré ses belles cartes dans sa manche, Tim Burton échoue sur toute la ligne. 

Big Eyes se déroule à l'orée des années 60 en Californie. Après s'être séparée de son premier mari, Margaret, qui vit désormais seule avec sa fille, épouse Walter Keane. Celui-ci remarque très vite les étranges tableaux de Margaret représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. L'homme décide alors de s'approprier les œuvres de sa femme en faisant croire au public qu'il en est l'auteur. La supercherie fonctionne et Walter va peu à peu révolutionner le monde de l'art avant que le pot au roses ne soit finalement dévoilé.

Christoph Waltz et Amy Adams

Un tel sujet pouvait donner lieu à un manifeste féministe ou à une réflexion sur l'art. Que nenni ! Même si Walter profite d'une époque où l'on ne prenait pas les femmes artistes au sérieux, cet aspect est très vite éclipsé. Quant à la valeur artistique de Margaret, on sent bien que Tim Burton ne s'y intéresse pas véritablement, se contentant de moquer gentiment les empereurs du bon goût. Surtout, le cinéaste semble craindre la noirceur potentielle de cette histoire et son thème primordial, l'imposture. Le réalisateur a donc préféré l'ensevelir sous un tas de chromos qui devient vite écœurant. Son directeur de la photographie, Bruno Delbonnel (Amélie Poulain, Inside Llewin Davis), enrobe les sixties d'une palette grossière qui rend l'intrigue totalement artificielle. Ainsi, les reflets dans la piscine ou l'utilisation permanente de halos de lumière et de couleurs criardes étouffent le film et précipitent le spectateur dans une bonbonnière indigeste. 


Sa direction d'acteurs n'arrange rien et l'interprétation outrageusement cabotine de Christoph Waltz, à la limite du supportable, enfonce le clou. Un choix d'autant moins judicieux que le personnage de Margaret est censé vivre sous l'emprise de son mari qui est ici dépeint comme un peintre raté, davantage un grotesque bouffon qu'un dangereux manipulateur. On a donc du mal à comprendre l'attitude de cette femme qui devra attendre l'apparition improbable des témoins de Jéhovah pour dénoncer son mari et se réapproprier la paternité de ses tableaux lors d'une parodie de procès qui vire au lamentable vaudeville, heureusement sauvé par la délicatesse d'Amy Adams.   

Durant le déroulé du générique de fin de Big Eyes, on se met soudain à émettre une hypothèse un peu tordue. Et si le film était réalisé par un imposteur qui se serait fait passer pour Tim Burton ? A la vue du résultat, l'analogie est tentante. Mais il s'agirait alors de dédouaner le cinéaste de ce nouveau ratage et force est d'admettre que c'est bien le réalisateur de Sleepy Hollow qui est derrière la caméra, lui qui s'est depuis transformé en vendeur de bonbons acidulés, pas désagréables en bouche mais dont la fadeur finit par laisser un arrière goût amer.

Antoine Jullien

Etats-Unis - 1h46
Réalisation : Tim Burton - Scénario : Scott Alexander et Larry Karaszewski
Avec : Amy Adams (Margaret Keane), Christoph Waltz (Walter Keane), Krysten Ritter (DeeAnn), Danny Huston (Dick Nolan), Terence Stamp. 

Disponible en DVD et Blu-Ray chez Studio Canal.

mercredi 24 mars 2010

Alice au pays des merveilles


Lewis Carroll pouvait-il imaginer que, plus d'un siècle après sa parution, son Alice au Pays des merveilles allait encore fasciner des générations de spectateurs ? Et que l'un des plus prestigieux cinéastes américains fasse l'évènement avec une adaptation estampillée 3D ? Le pouvoir des mots traverse les époques sans se soucier des modes. Tim Burton, lui, a décidé d'utiliser la technologie la plus pointue au service d'une histoire universelle qui devrait plaire au plus grand nombre.

Depuis quelques films, le réalisateur d'Edward aux mains d'argent s'est spécialisé dans la reprise des classiques de la littérature enfantine en y injectant une part de son univers sombre et bariolé. Mais à chaque oeuvre passée, le style du cinéaste se diluait dans une imagerie sage et policée. Alice au pays des Merveilles, produit par Disney avec un budget colossal, ne dévie pas de sa trajectoire et risque de fâcher davantage les puristes de la première heure.

Le cinéaste a su marier différentes techniques avec une virtuosité et une habileté dignes des plus grands spectacles hollywoodiens. Le mélange d'acteurs en chair et en os et de créatures numériques, le savant dosage entre le fantastique et le conte prouvent encore une fois le talent de Tim Burton qui s'est servi du relief pour nous immerger davantage même si l'utilisation de la 3D est moins convaincante que dans Avatar car contrairement à James Cameron, Burton n'a pas tourné directement en relief stéréoscopique. Le film peut donc se voir aisément en 2D sans que le plaisir du spectateur soit atténué.


Mais dans cette machinerie trop bien huilée, aucun grain de folie ne vient s'emparer des personnages. Heureusement, dans le château de la méchante Reine Rouge, plastiquement somptueux, Burton s'en donne à coeur joie grâce à la composition d'Helena Bonham-Carter, grotesque et pathétique dans un habit trop grand pour elle, et entourée d'un étonnant bestiaire, les grenouilles serviteurs demeurant une des plus réjouissantes trouvailles d'un film qui n'en manque pas mais qui n'arrive que rarement à dépasser la simple prouesse visuelle pour emmener le spectateur vers un ailleurs plus incongru.

Trop lisse, alors ? Tim Burton, dans l'hypothèse qu'il doit réaliser un grand film familial, ne pouvait pas livrer une lecture psychanalysante du roman de Lewis Carroll qui a été l'objet des analyses les plus poussées, certains philosophes le considérant comme une oeuvre somme sur l'acceptation de grandir et la crise identitaire d'une jeune fille qui va, au contact d'un monde contestataire, se muer en jeune femme. Tim Burton a préféré privilégier l'action au détriment de l'émotion. Peu de séquences resteront en mémoire mais plutôt le souvenir d'un grand spectacle impeccable qui à chaque instant respecte le spectateur. En ayant bien rempli sa mission, le prochain président du Festival de Cannes peut dormir sur ses deux oreilles.

Antoine Jullien

mercredi 29 juin 2011

Cinémathèque - Saison 2011/12


Serge Toubiana, le directeur de la Cinémathèque française, a dévoilé lundi la programmation de la saison 2011/2012. Alors que l'exposition Stanley Kubrick a compté son 100 000ème visiteur (un record!) qui s'est vu remettre des mains de Costa-Gavras le coffret Kubrick et un libre pass pour la saison prochaine (le veinard !), la Cinémathèque promet une année particulièrement dense qui verra l'arrivée de deux expositions évènements.

La première sera consacrée à Metropolis de Fritz Lang, l'un des monuments de l'histoire du cinéma. Conçue en 2009 par la Deutsche Kinemathek de Berlin, l'exposition proposera plus de deux cent oeuvres originales dont des extraits du scénario et de la partition musicale, des tableaux, dessins, accessoires, caméras et une collection unique au monde de plus de 800 photographies de plateau. 

Metropolis de Fritz Lang (1927). DR

Au mois de mars, c'est l'univers gothique et féérique de Tim Burton qui viendra envahir les locaux de la cinémathèque. Produite par le Museum of Modern Art de New York, l'exposition explorera toute l'étendue de l'oeuvre du réalisateur d'Edward aux mains d'argent. Dessins, sculptures, polaroïds grand format réalisés par l'artiste, accessoires, maquettes, soit 700 oeuvres exposées.

Tim Burton

Ces deux évènements seront accompagnés des rétrospectives des films de Fritz Lang (dont la version intégrale de Metropolis) et de Tim Burton qui en profitera pour donner une master class. Bien d'autres cinéastes seront à l'honneur et la sélection montre une fois encore l'éclectisme de la programmation : Blake Edwards, Nanni Moretti, Robert Altman, Bernardo Bertolucci, Alain Cavalier et Steven Spielberg qui devrait faire le déplacement pour l'occasion. 

Sans oublier un colloque international consacré au cinéma numérique qui aura lieu les 13 et 14 octobre et une célébration du 150ème anniversaire de la naissance de Georges Méliès le 8 décembre.

Une saison riche et diverse à découvrir dès le 24 août.

Metropolis du 19 octobre 2011 au 29 janvier 2012.
Tim Burton, l'exposition du 7 mars au 5 août 2012.
Retrouvez l'ensemble de la programmation sur le site de la Cinémathèque : http://www.cinematheque.fr/fr/saison-2011-2012.html

vendredi 25 mars 2016

Tim Burton et ses enfants particuliers

 
Doit-on croire encore en Tim Burton ? L'interrogation est rude mais légitime tant le cinéaste nous déçoit depuis plusieurs années. Prisonnier d'un univers autrefois si riche, il ne fait plus que reproduire un style qui s'est boursouflé avec le temps. Son fidèle acolyte, Johnny Depp, est lui aussi devenu une caricature grimaçante et gesticulante, bien éloignée de la poésie morbide d'Edward aux Mains d'argent ou Sleepy Hollow

Alors pourquoi reprendre espoir ? Parce que Tim Burton reste un conteur hors-pair et que son immense talent n'a pas pu s'évaporer entièrement. On pensait que ce réveil d'inspiration allait se produire avec Big Eyes qui marquait un véritable virage pour le réalisateur. Las, ce biopic bourré de chromos nous a laissé un goût amer. 

Miss Peregrine et les enfants particuliers, son dix-huitième long métrage, est l’adaptation du roman fantastique de Ransom Riggs qui fut un énorme succès de librairie en 2011. Soit l'histoire de Jacob qui découvre à la mort de son grand-père les indices d'un monde mystérieux qui va le mener dans un lieu magique : la maison de Miss Peregrine pour enfants particuliers. Après leur collaboration sur Dark Shadows, le cinéaste confie le rôle titre à la sépulcrale Eva Green. Un choix qui s'annonce particulièrement audacieux de même que les premières images de la bande annonce qui laissent présager d'une ambiance étrange et insolite. Le cinéaste reviendra-t-il dans la cour des grands ? Réponse le 5 octobre prochain. 


mardi 31 août 2010

Oncle Boonmee

Débusquer l'imposture. Cette mission tombe à pic au sujet d'un film qui se passe pour l'essentiel dans une forêt thaïlandaise. Adopter un grand courage critique. Il en faut tant l'enthousiasme délirant, aveugle, manipulateur de la presse sur ce film ne permet aucune réserve possible. Heureusement, Mon Cinématographe a sa liberté de pensée et le fait savoir, surtout lorsqu'il juge la Palme d'Or 2010. 

On ne va pas déblatérer inutilement sur l'intrigue inexistante du quatrième film d'Apichatpong Weerasethakul (un conseil, entrainez-vous avant de vous la raconter dans les dîners mondains !) car aujourd'hui, c'est bien connu, le scénario est une absurdité d'un autre temps, le symbole d'un cinéma scolaire et lourdingue et prétendre le contraire vous conduirait à la vindicte populaire (enfin plutôt celle des quelques journaux qui font la pluie et le beau temps cinéphiliques !). Mais encore faut-il avoir du talent... et le doute est sérieusement permis à la vision de cet Oncle Boonmee

Qu'est-ce qui a tant plu au président du jury Tim Burton ? Aurait-il bu un élixir avant la projection qui l'aurait mis dans une transe du diable ? Sentant l'épreuve qui l'attendait, il a eu probablement raison. Encore que le mot épreuve paraisse bien faible devant ce monument d'ennui. Pourtant, dans les premières séquences, un vague espoir naît. Le film est entouré d'un mystère assez séduisant et les apparitions fantastiques successives agrémentent notre curiosité. Mais bien vite, le cauchemar commence et ne se terminera qu'une fois les lumières de la salle rallumées.


Il est toujours compliqué d'évoquer le rien car il peut contenir toutes les interprétations. Les adjectifs les plus abscons peuvent très bien convenir tant le néant a besoin de plein et de délié. C'est pourquoi vous entendrez ou lirez les mots les plus fantaisistes pour qualifier cette oeuvre que beaucoup aiment appeler ovni. Mais là où le fond est toujours discutable, la forme, elle, ne peut souffrir de mensonges éhontés. Prétendre que ce film est une splendeur esthétique alors qu'il est objectivement d'une laideur sans nom révèle de la pure escroquerie intellectuelle. Non seulement le film est laid mais il ne contient aucune idée de mise en scène. A moins que le cinéma du 21ème siècle ne soit qu'une accumulation de plans d'une durée de dix minutes minimum et qu'une femme poisson ou un singe avec des yeux rouges représentent le sommet de l'invention cinématographique, alors ce film est bel et bien une imposture. 

Lorsque l'on regarde d'un peu plus près les cinéastes qui n'ont pas eu les honneurs d'une palme d'or, on retient Kubrick, Hitchcock, Eastwood, Almodovar, Tarkovski, Bergman et... Tim Burton. Que ces immenses artistes aient été oubliés est en soit une absurdité. Mais que ce monsieur Weerasethakul ait obtenu la récompense suprême dévalue tout d'un coup la portée d'un tel évènement. L'histoire saura qui retenir...

Antoine Jullien




lundi 29 février 2016

Interview de Patrice Leconte - 2ème partie


 
Suite et fin de l'interview que nous a accordé le réalisateur Patrice Leconte. Il évoque ici ses méthodes de travail peu conventionnelles et son rapport à l'image et aux nouvelles technologies.

- Mon Cinématographe : Le scénario de Ridicule a été écrit par Rémi Waterhouse. A partir de ce film, la plupart des scénarios que vous tournerez ne seront pas de vous, une pratique plutôt inhabituelle en France. 

Patrice Leconte : Avant la Nouvelle Vague, les cinéastes dont on aimait les films et dont on aime encore les films n'écrivaient pas systématiquement leurs scripts et ils n'étaient pas considérés pour autant comme des tâcherons. Et puis est arrivé la Nouvelle Vague qui a imposé le fait qu'un cinéaste se doit d'écrire lui-même ses propres films. Je trouve que ce n'est pas un service à rendre au cinéma car les réalisateurs doués ne sont pas forcément de bons scénaristes. Et l'inverse est aussi vrai. Ce sont deux métiers différents et complémentaires. Quand j'ai eu entre les mains le scénario de Ridicule, c'était le premier script qui ne venait pas de moi que je trouvais formidable, dans lequel je me retrouvais complètement, qui résonnait en moi. C'était la première fois que je tournais un film que je n'avais pas écrit. Cela m'a poussé à être attentif à des films dont je n'étais pas directement l'auteur.

- Vous avez la particularité de cadrer vos films. En quoi est-ce un apport indispensable à votre mise en scène ? 

J'ai exaucé ce vœu sur le tournage de Tandem. C'était la première que je cadrais un des mes films. Il ne s'agissait pas de faire la lumière mais tenir la caméra, filmer moi-même. Et je n'ai plus jamais abandonné cette façon de faire. Le jour où je n'aurais plus la force ou la santé pour cadrer mes films, j'arrêterai de faire du cinéma parce que cela fait partie intégrante de la mise en scène. Le cinéma est une affaire de regard qui passe par le cadre. Et si je délègue le cadre, c'est comme si je prêtais mon œil à quelqu'un d'autre. Je ne peux pas l'envisager. Et avec les comédiens, cela procure une complicité, une intimité voire une sensualité parfois qui est quelque chose d’irremplaçable. Je ne comprends pas pourquoi si peu de réalisateurs cadrent leurs films. Enfin, chacun voit midi à sa porte !

Patrice Leconte avec Vanessa Paradis, tenant la caméra sur le tournage de La Fille sur le Pont


- A l'instar de Tim Burton, certains cinéastes ont une patte visuelle immédiatement reconnaissable. Vous avez œuvré dans presque tous les genres. Comment reconnaît-on cependant un film de Patrice Leconte ?

Ce n'est pas à moi de répondre à cette question car je n'en sais rien. Il y a en effet quelques cinéastes qu'on identifie par leur style. Bergman, Fellini, Tim Burton, Orson Welles et quelques autres. Mais c'est rarissime. Avoir réalisé toute ma vie des films aussi différents des uns des autres n'a sans doute pas aidé à la reconnaissance de mes films. Mais franchement, ça m'est égal. On dit souvent que les grands cinéastes creusent tout au long de leur carrière le même sillon. Et bien je ne serai pas un grand cinéaste et je m'en fiche parce que ça ne m'intéresse pas d'être un grand cinéaste. Ce qui m'intéresse, c'est d'entreprendre des films qui me plaisent.

- Comment vous situez-vous par rapport aux nouvelles technologies ? Êtes-vous un nostalgique de la pellicule comme Tarantino ou au contraire êtes-vous sensible aux outils numériques ?

On ne peut pas mener éternellement un combat d'arrière garde. C'est soit crétin soit snob comme dans le cas de Tarantino ou dans celui de Xavier Dolan qui tourne son film dans le format 1.33 à la manière des frères Lumière. Personnellement, je trouve ça complètement con ! Ne pas vivre avec son temps, ne pas tourner en numérique, refuser le Cinémascope... Qu'est-ce que vous penseriez d'un type qui vous dit : " L'ordinateur, pourquoi faire ? Des E-mails ? Non, je vais envoyer mes lettres par la poste !" Vous diriez que c'est un réac rétrograde qui ne vit pas avec son époque. L'art se doit d'accompagner l'évolution de la technologie. Et c'est particulièrement vrai avec le cinéma qui passe nécessairement par une filière technologique. Je suis ravi d'utiliser le numérique et les toutes les possibilités qu'il offre, pouvoir monter en virtuel avec ma monteuse.

Dogora, le premier film de Patrice Leconte tourné en numérique


- La nouvelle génération a un accès immédiat à l'image et aux caméras. Ils ne deviendront pas pour autant tous des cinéastes. Qu'est-ce qui fait alors, selon vous, un cinéaste ?

Il est vrai qu'il est plus facile aujourd’hui qu'autrefois de s'exprimer par l'image. Je vais prendre une comparaison très simple. Quand on écrivait avec des stylos bille Bic, on pouvait être un grand écrivain. A partir du moment où les ordinateurs et le traitement de texte ont vu le jour, un tas de gens se sont pris pour des écrivains simplement parce que les pages qu'ils écrivaient sortaient proprement de leur imprimante. Mais ce n'est pas parce qu'une page sort proprement de l'imprimante que vous êtes Patrick Modiano ! Vous êtes un écrivain parce que vous savez écrire, que ce soit avec un Bic ou un clavier. Et vous êtes un cinéaste parce que vous savez filmer, que vous avez un œil, une personnalité. Et peu importe que vous vous exprimiez avec une grosse caméra 35 ou avec un Iphone. La facilité que l'on a désormais à fabriquer des images ne transforme pas tout le monde en Orson Welles.

- S'il n'y avait qu'une seule réplique à retenir de l'un de vos films, laquelle serait-elle ?

Ce serait dans La fille sur le Pont. Quand Daniel Auteuil et Vanessa Paradis se séparent. Ils sont sur le bateau, elle s'en va. Elle est un peu embarrassée de le quitter et lui demande : "Qu'est-ce qu'on fait, on s'embrasse, on se sert la main ?" Et il lui répond :"On s'oublie".  

Propos recueillis par Antoine Jullien

La 1ère partie de l'interview est à retrouver ICI.  
 







Filmographie sélective : 

1974 : Les vécés étaient fermés de l'intérieur
1978 : Les Bronzés
1979 : Les Bronzés font du ski
1981 : Viens chez moi, j'habite chez une copine
1985 : Les Spécialistes
1987 : Tandem
1989 : Monsieur Hire
1990 : Le Mari de la coiffeuse
1996 : Les Grands Ducs / Ridicule
1998 : 1 chance sur 2
1999 : La Fille sur le Pont 
2000 : La veuve de Saint-Pierre
2002 : L'Homme du train
2004 : Confidences trop intimes / Dogora
2006 : Les Bronzés 3 / Mon Meilleur Ami
2012 : Le Magasin des suicides
2014 : Une Promesse / Une heure de tranquillité 

mercredi 21 septembre 2011

Restless


La modestie a parfois du bon. Loin de ses objets arty et de ses films hollywoodiens pompiers, Gus Van Sant a remballé ses afféteries, géniales pour les uns, irritantes pour les autres mais n'a pas pour autant vendu son âme au diable. Film de commande, Restless ressasse bien l'un des thèmes essentiels de la filmographie du cinéaste : le spleen de l'adolescence. 

Enoch et Annabel se rencontrent lors d'un enterrement où ils n'ont rien à y faire. Mais ces deux êtres à part entière sont attirés par une même morbidité joyeuse qui les tiennent éloignés de la réalité de leurs vies. Lui a perdu ses parents lors d'un accident de voiture et elle est en phase terminale d'un cancer. Malgré cette funeste destinée, elle va tomber amoureuse de cet étrange garçon. Le début d'une relation exceptionnelle. 

Mia Wasikowska et Henry Hooper

C'est une histoire d'amour peu banale que nous raconte Gus Vant Sant, empreinte d'une drôlerie macabre que n'aurait certainement pas reniée Tim Burton (la musique est d'ailleurs composée par Danny Elfman !) et d'une poésie aérienne amplifiée par le côté décalé des personnages. Le charme des comédiens y est d'ailleurs pour beaucoup, la fragilité de Henry Hooper (le fils du regretté Dennis) et la candeur de Mia Wasikowska (l'Alice au pays des Merveilles de Burton) restent longtemps en mémoire. On voit, légèrement émerveillé, ce couple insolite se former en dépit de toutes les circonstances qui devraient rendre cette relation caduque. Tout en n'écartant pas l'aspect mélodramatique de son sujet, Gus Van Sant ne fait preuve d'aucune naïveté, élevant ses protagonistes vers un ailleurs où l'imaginaire a une place primordiale. 

Hiroshi, ce personnage d'aviateur japonais tout droit sorti de la tête d'Enoch, est le partenaire fantasmé du jeune homme guetté par la solitude. Un garçon sans repères qui voit dans sa relation avec Annabel l'occasion de vivre une histoire dont la fin irrémédiable ne doit pas lui enlever son caractère unique. Une mélancolie profonde se dégage peu à peu du film, magnifiée par les belles couleurs mordorées de la région de Portland que Gus Van Sant aime tant filmer. Le spectateur, gagné par l'émotion au moment des adieux, ressort de la salle touché mais heureux. Faussement mineur, Restless ("sans repos"), l'un des meilleurs films du cinéaste, nous sert secrètement le coeur afin de nous rappeler que toutes les histoires d'amour sont possibles, à condition d'y croire. 

Antoine Jullien



DVD et Blu-Ray disponibles chez Sony Pictures Entertainment.

jeudi 17 avril 2014

Sélection officielle du 67ème Festival de Cannes


C'est avec une pointe de déception que nous avons scruté la sélection officielle du prochain festival de Cannes, concoctée par Thierry Frémeaux et présidée pour la dernière fois par Gilles Jacob. Outre les éternels habitués, de nombreux films attendus sont absents dont beaucoup d'américains. En effet, on espérait Clint Eastwood, Paul Thomas Anderson, Tim Burton et Terrence Malick... aucun n'a répondu à l'appel. Les raisons peuvent être nombreuses mais la plus probable est le refus des studios d'envoyer leurs films sur la Croisette, préférant l'automne et le festival de Toronto pour lancer la saison des Oscars. On sait en revanche que le nouveau film d'Alejandro Gonzalez Inarritu, Birdman, n'était pas prêt à temps. Intéressons-nous donc aux films retenus. 

Grace De Monaco d'Olivier Dahan 

C'est Grace de Monaco d'Olivier Dahan qui ouvrira les festivités, hors compétition. Les organisateurs ont bien précisé qu'il s'agit de la version voulue par le cinéaste, en conflit ouvert depuis des mois avec son distributeur américain Harvey Weinstein. Nicole Kidman interprète le princesse et Tim Roth campe le Prince Rainier. Le film sortira dans les salles le jour de sa présentation, le 14 mai. 

Jean-Luc Godard sur le tournage de Adieu au langage

La sélection française voit réapparaître un dinosaure, Jean-Luc Godard, qui, à 83 ans, nous revient avec un long métrage très bref (1h10), en 3D et intitulé Adieu au langage, dont les premières images font craindre le pire. Autour de lui, on retrouve Olivier Assayas, pour la quatrième fois en compétition avec Sils Maria, un drame porté par Juliette Binoche, Kirsten Stewart et Chloe Grace Moretz. Autre habitué tricolore, Bertrand Bonello viendra présenter sa version de Saint Laurent, le célèbre couturier ayant déjà fait l'objet d'un biopic en début d'année. Quant à Michel Hazanavicius, qui avait triomphé sur la Croisette avec The Artist, il revient avec un remake du film de Fred Zinnemann, Les Anges Marqués. Ce nouveau long métrage, The Search, raconte la rencontre entre un jeune enfant et une femme (Bérénice Béjo) travaillant pour une ONG dans une Tchétchénie d'après-guerre. 

The Homesman de Tommy Lee Jones

Si les Américains seront nettement plus discrets cette année, il faudra tout de même compter sur Tommy Lee Jones qui réalise son deuxième long métrage pour le cinéma, près de dix ans après Trois Enterrements, déjà couronné à Cannes. L'acteur-réalisateur s'attaque en western, situant l'action de The Homesman en 1855, et narrant le voyage de quatre femmes au moment de la conquête de l'Ouest. Le film sortira pendant le festival, le 21 mai. Le cinéaste Bennett Miller, à qui l'on doit Truman Capote et Le Stratège, fera, lui, ses premiers pas sur le tapis rouge grâce à Foxcatcher qui offre un rôle inattendu à l'acteur comique Steve Carrell, méconnaissable dans le rôle de John Du Pont, un riche philanthrope et amateur de sport, accusé de meurtre en 1996. On retrouvera à ses côtés Channing Tatum et Mark Ruffalo. 

Maps to the Stars de David Cronenberg

Leurs collègues canadiens ne seront pas en reste, avec deux de leurs plus prestigieux représentants. David Cronenberg fera une cinquième tentative pour décrocher la palme d'Or avec Maps to the stars (sortie le 21 mai), une satire d'Hollywood interprétée par Julianne Moore, John Cusack et Robert Pattinson. Atom Egoyan viendra tenter sa chance une sixième fois avec Captives qui relate une histoire de kidnapping dans laquelle on retrouve Ryan Reynolds et Rosario Dawson. A noter que Robert Pattinson sera doublement à l'affiche du festival car il viendra également présenter, en séance de minuit hors compétition, The Rover, le nouveau polar très attendu de l'australien David Michôd, le réalisateur du mémorable Animal Kingdom

Deux Jours, Une nuit de Luc et Jean-Pierre Dardenne 

Parmi les européens conviés cette année, citons la sixième présence successive des frères Dardenne qui offrent à Marion Cotillard, dans Deux Jours, Une nuit (sortie le 21 mai), le rôle d'une guerrière prête à tout pour conserver son emploi. Les deux vétérans britanniques Ken Loach et Mike Leigh seront de la partie, le premier pour un long métrage intitulé Jimmy's Hall, consacré à Jimmy Gralton, leader communiste irlandais, et le second pour un biopic, Mr. Turner, dédié au célèbre peintre. Citons également l'italienne Alice Rohrwacher qui viendra pour la première fois en compétition présenter Les Merveilles avec Monica Bellucci.

L'Asie et l'Amérique du Sud quasi absentes, on retiendra la présence de Mommy, le cinquième film du prodige québécois Xavier Dolan qui accède (enfin !) à la compétition, et celle du turc Nuri Bilge Ceylan qui présentera Sommeil d'hiver, ayant déjà le titre du film le plus long de la compétition (3h16 !). 

Bird People de Pascale Ferran

Quant à la sélection Certain Regard, qui offre souvent de belles surprises, notons la présence de Bird People de Pascale Ferran qu'on attendait en compétition. La réalisatrice de Lady Chatterley proposera une œuvre aux confins du fantastique, portée par la talentueuse Anaïs Demoustier. Quatre ans après Tournée qui lui avait valu le prix de la mise en scène, Mathieu Amalric revient avec une adaptation d'un roman policier de Simenon, La Chambre bleue. Deux américains présenteront leurs premiers essais, le comédien Ryan Gosling avec Lost River dont on sait peu de choses si ce n'est la présence au générique d'Eva Mendes et Saoirse Ronan, et le réalisateur Ned Benson avec Eleanor Rigby qui est un diptyque racontant la même histoire selon deux points de vue différents, d'abord celui du mari (James McAvoy) puis celui de l'épouse (Jessica Chastain). N'oublions pas la présence de l'autrichienne Jessica Hausner (Amour Fou), du suédois Ruben Östlund (Turist) et du britannique Andrew Hulme (Snow in Paradise). 

Le festival souhaitant toujours être au cœur de l'actualité, le réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa viendra présenter en séance spéciale son documentaire Maidan qui revient sur la révolution ayant abouti à la chute du président Ianoukovitch et sur les bouleversements en cours dans son pays. 

Reste l'annonce du film de clôture et des sélections de la Quinzaine des Réalisateurs et de la Semaine de la critique avant que Mon Cinématographe ne vous reparle du festival, en direct de la Croisette !


Film d'ouverture

Grace de Monaco d'Olivier Dahan (Hors Compétition)

En compétition 

Sils Maria d'Olivier Assayas
Saint Laurent de Bertrand Bonello
Sommeil d'hiver de Nuri Bilge Ceylan
Maps to the Stars de David Cronenberg
Deux jours, Une nuit de Luc et Jean-Pierre Dardenne
Mommy de Xavier Dolan
Captives d'Atom Egoyan
Adieu au langage de Jean-Luc Godard
The Search de Michel Hazanavicius
The Homesman de Tommy Lee Jones
Still the water de Naomi Kawase
Mr. Turner de Mike Leigh
Jimmy's hall de Ken Loach
Foxcatcher de Bennett Miller
Les Merveilles d'Alice Rohrwacher
Timbuktu d'Abderrahmane Sissako
Relatos Salvajes de Damian Szifron
Leviathan d'Andrey Zvyagintsev
67ème Festival de Cannes, du 14 au 25 mai 2014. 



jeudi 31 décembre 2015

L'année 2015

Plus de 600 longs métrages sont sortis en 2015 mais peu resteront dans les mémoires. Comme de coutume, Mon Cinématographe vous propose un retour subjectif et assumé de l'année écoulée.

LE FILM LE PLUS ORIGINAL ET INVENTIF 

VICE-VERSA de Pete Docter


LE FILM LE PLUS DÉMENTIEL

MAD MAX : FURY ROAD de George Miller

  
LE CARTON AU BOX-OFFICE QUI NOUS FERAIT PRESQUE ABDIQUER 


 
LA PLUS INFÂME BOUILLIE NUMÉRIQUE

JUPITER : LE DESTIN DE L'UNIVERS de Lana et Andy Wachowski


LA PLUS GROSSE EXPLOSION JAMAIS TOURNÉE QUI N’ÉTAIT PAS INDISPENSABLE 

SPECTRE de Sam Mendes

 
LE FILM LE PLUS AMBIGU

FOXCATCHER de Bennet Miller


LE FILM LE PLUS EUPHORISANT

COMME UN AVION de Bruno Podalydès


LE RÉALISATEUR QUI A VRAIMENT DU MAL A REMONTER LA PENTE

Tim Burton et son raté BIG EYES


LE FILM LE PLUS SOMPTUEUX INJUSTEMENT CONSIDÉRÉ

CRIMSON PEAK de Guillermo Del Toro


L’EXPÉRIENCE DE CINÉMA LA PLUS SINGULIÈRE



LE FILM QU'IL VAUT MIEUX AVOIR VU AUSSI DÉFONCÉ QUE SON PROTAGONISTE

INHERENT VICE de Paul Thomas Anderson 


LE FILM LE PLUS DRÔLEMENT BOULEVERSANT

MARGUERITE de Xavier Giannoli


L'ACTEUR QUI REÇOIT ENFIN UN PRIX BIEN MÉRITÉ

Vincent Lindon, Prix d'interprétation au festival de Cannes pour LA LOI DU MARCHE de Stéphane Brizé


L'ACTEUR LE PLUS MÉCONNAISSABLE

Colin Farrel dans THE LOBSTER de Yorgos Lanthimos


L'ACTRICE LA PLUS HITCHCOCKIENNE

Nina Hoss dans PHOENIX de Christian Petzold

  
LE RÉALISATEUR QUI RATE MALENCONTREUSEMENT SA FIN

Jacques Audiard dans DHEEPAN


LE FAUX PLAN SÉQUENCE LE PLUS IMPRESSIONNANT 

BIRDMAN d'Alejandro Gonzalez Iñárritu

LE VRAI PLAN SÉQUENCE LE PLUS IMPRESSIONNANT 

VICTORIA de Sebastian Schipper 


LE THRILLER LE PLUS TENDU 

SICARIO de Denis Villeneuve


LE POLAR FRANÇAIS QUI REDONNE DES COULEURS AU GENRE

L'AFFAIRE SK1 de Frédéric Tellier


LE FILM QUI FAIT UN BIEN FOU

MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven


LE GESTE CINÉMATOGRAPHIQUE LE PLUS GONFLÉ

TAXI TEHERAN de Jafar Panahi


L'ACTEUR QUI TENTE PAR TOUS LES MOYENS CAPILLAIRES DE SE RACHETER

Johnny Depp dans STRICTLY CRIMINAL de Scott Cooper

 
L'ACTRICE LA PLUS POSEUSE

Angelina Jolie dans VUE SUR MER d'elle-même


LE RÉALISATEUR QUI N'AURA RÉUNI QUE 60 000 SPECTATEURS 
MALGRÉ TOUT LE BATTAGE AUTOUR DE SON FILM

Gaspar Noé pour LOVE 


LE FILM LE PLUS TORTUEUX 

LA NINA DE FUEGO de Carlos Vermut


LE FILM D'ANIMATION LE PLUS RÉUSSI APRÈS VICE-VERSA

AVRIL ET LE MONDE TRUQUE de Frank Ekinci et Christian Desmares


LA RÉALISATRICE QUI A RÉUSSI LE PRODIGE DE RENDRE RYAN REYNOLDS BON A L’ÉCRAN

Marjane Satrapi pour THE VOICES

 
LES DEUX GRANDS RÉALISATEURS QUI ONT CONNU LEURS PLUS GROS ÉCHECS

Michael Mann avec HACKER

Robert Zemeckis avec THE WALK - RÊVER PLUS HAUT


LA SÉQUENCE D'OUVERTURE LA PLUS SOUFFLANTE

Tom Cruise accroché à une aile d'avion en plein décollage dans
  MISSION : IMPOSSIBLE : ROGUE NATION de Christopher McQuarrie


LE FINAL LE PLUS BÊTEMENT PATRIOTIQUE 

AMERICAN SNIPER de Clint Eastwood


LA MEILLEURE SÉQUENCE MUSICALE

Le concert de vaches improvisé dans YOUTH de Paolo Sorrentino


LE FILM FRANÇAIS BRANCHÉ LE PLUS INSUPPORTABLE 

VINCENT N'A PAS D’ÉCAILLES de Thomas Salvador


L'ACTEUR QU'ON ADMIRAIT QUI DEVIENT UN VULGAIRE RENTIER

Daniel Auteuil dans ENTRE AMIS et NOS FEMMES


LA RÉALISATRICE A SUIVRE 

Alice Winocour et son troublant MARYLAND


LE FILM LE PLUS DÉLICIEUSEMENT COQUIN

21 NUITS AVEC PATTIE d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu


LE FILM LE PLUS SINISTRE



LE FILM ABSURDE LE PLUS MAÎTRISÉ

REALITE de Quentin Dupieux


LE DIEU QUE L'ON ADORE DÉTESTER

Benoît Poelvoorde dans LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT de Jaco Van Dormael


L'ACTEUR LE PLUS SURVOLTÉ

John Turturro dans MIA MADRE de Nanni Moretti


LE BIOPIC LE PLUS TOUCHANT

LOVE&MERCY de Bill Pohlad


LE DOCUMENTAIRE LE PLUS FORT

300 HOMMES d'Aline Dalbis et Emmanuel Gras

 
LA MISE EN SCÈNE LA PLUS STUPÉFIANTE

LE FILS DE SAUL de Lazlo Nemes


LE FILM LE PLUS MALAISANT 

HUNGRY HEARTS de Saverio Constanzo


LE CINÉASTE QUI SE FOURVOIE DE PLUS EN PLUS, 
ENCOURAGÉ PAS SA PETITE COHORTE DE FANS HARDCORE

Terrence Malick et son épuisant KNIGHT OF CUPS


LE FILM LE PLUS SOPORIFIQUE 

VERS L'AUTRE RIVE de Kiyoshi Kurosawa


LE FILM LE PLUS NAVRANT

ABSOLUTELY ANYTHING de Terry Jones


LE FILM QUI SERT MAIS VRAIMENT A RIEN 

JURASSIC WORLD de Colin Trevorrow

 
LE COME-BACK LE PLUS APPLAUDI 

Han Solo et Chewbacca dans STAR WARS - LE REVEIL DE LA FORCE de J.J. Abrams

In Memoriam 

 Omar Sharif, Christopher Lee, Francesco Rosi, Wes Craven, Manoel de Oliveira, Roger Hanin, Solveig Anspach, Danièle Delorme, Nina Companeez, Pascal Chaumeil, Chantal Ackerman,
John Guillermin, Jerry Weintraub, James Horner, Jean Gruault, Louis Jourdan, Moebius, Sylvie Joly...

En vous souhaitant nos meilleurs vœux pour 2016 !